La protection des troupeaux


La prédation sur les troupeaux est une des questions auxquelles un éleveur doit faire face, sur l’exploitation comme en estive.

Dans le cadre du retour de l’ours en Pyrénées centrales, l’Etat a mis en place un programme d’aides spécifiques destiné à favoriser la cohabitation ours - pastoralisme avec l’embauche de bergers, l’utilisation de clôtures, le regroupement nocturne des troupeaux, ou l’utilisation de chiens de protection (achat, accompagnement et utilisation).
Le financement par le programme “Ours” de ces mesures peut induire des confusions quant à la fonction de chacune d’elle. Certains s’étonnent par exemple que des estives “gardées” subissent des prédations.
Il apparaît dès lors important de clarifier le rôle de chacun, du point de vue de la protection des troupeaux.

 


Les acteurs de la protection des troupeaux


Le berger


Présent en permanence, le berger peut veiller sur le troupeau en journée. Toutefois, il a bien d’autres fonctions (conduite, gestion du pâturage, entretien, soins,...). La nuit venue, il ne peut protéger efficacement le troupeau.

La clôture souple


En maintenant le troupeau regroupé, la limite physique que constitue la clôture peut dissuader un prédateur d’approcher du troupeau. Toutefois, un prédateur qui parvient à pénétrer dans un parc peut engendrer des dégâts importants : prédations multiples, blessures... La clôture a surtout un rôle de contention.

Les chiens


Les éleveurs et bergers utilisent deux types de chiens :
  • Les chiens de conduite, qui servent à rassembler et guider le troupeau (border-collie, berger des Pyrénées ou “labrit”, beauceron par exemple) ;
  • Les chiens de protection, dont la seule vocation est... de protéger le troupeau (montagne des Pyrénées ou “ patou ” par exemple).
Le chien de protection apparaît donc être l’acteur principal de la protection, le seul dont c’est la fonction principale et même unique.
Toutefois, s’il agit de manière autonome, les conditions dans lesquelles il travaille conditionnent en grande partie son efficacité.

Du strict point de vue de la protection, la présence permanente d’un berger est insuffisante s’il n’est pas doté de chiens de protection, tout comme les chiens de protection ne seront que partiellement efficaces si le troupeau n’est pas regroupé.

Le chien protège donc d’autant mieux que l’éleveur et le berger ont mis en place pour cela des conditions optimales : regroupement et contention nocturne du troupeau (avec ou sans clôture).


Optimiser la protection


Bien que les résultats observés soient déjà très positifs, il est encore possible d’optimiser l’efficacité des chiens de protection en place :

Meilleure sélection sur les chiens au travail


Ce travail est en cours, à partir du fichier des chiens placés depuis 1996 en Pyrénées centrales.
Pour cela, une référence du “ chien idéal ” a été établie sur des critères morpho-psychologiques.

Un bon chien de protection est attaché et respectueux du troupeau, sûr de lui, dissuasif, sans être hyperactif ou agressif, ni intervenir physiquement en dehors de son périmètre de protection.


Augmentation du nombre de chiens sur certaines estives


Un diagnostic intégrant le nombre d’animaux à protéger, la typologie du terrain, la couverture végétale, la conduite du troupeau et le type de prédateur permet de déterminer le nombre de chiens nécessaires sur chaque estive.
  Certaines estives restent sous-équipées et quelques-unes ne le sont toujours pas. C'est là que se concentrent les dégâts.

Meilleure conduite du troupeau


L’utilisation de chiens de protection, notamment en montagne, doit s’insérer dans un dispositif global cohérent : encadrement par un ou des berger(s) compétent(s), gardiennage permanent du troupeau et regroupement nocturne (c’est à dire contention des animaux).